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Le nom de Charles Meynier, peintre très célèbre de son temps, est aujourd’hui estompé derrière ceux de ses brillants contemporains. Le silence qui l’a enveloppé provient d’une trop forte polarisation des historiens de l’art sur les grands noms quand tant d’artistes dits secondaires, mais de premier plan, restent encore à découvrir. Lauréat du Prix de Rome en 1789, Meynier a participé aux différents concours du Directoire, période durant laquelle il a trouvé sa place dans le monde artistique et recherché une clientèle privée qu’il a développée sous le Consulat. Exposant régulièrement au Salon, il est devenu dès le début de l’Empire l’un des peintres officiels majeurs, impliqué dans les principales commandes de l’Etat. C’est la période où sa carrière est à son apogée et sa renommée au plus haut. C’est alors qu’il a été le plus à l’aise, dans un cadre artistique structuré par Vivant Denon où il a su développer sa personnalité. Sous la Restauration, il a continué d’envoyer au Salon des tableaux d’histoire, répondant parfois à des commandes officielles. Parallèlement, et comme le faisaient les plus grands, David, Girodet, Guérin ou Prud’hon, Meynier a travaillé tout au long de sa carrière pour les collectionneurs privés les plus importants de son temps : Boyer-Fonfrède sous le Directoire, Lucien Bonaparte, le maréchal Berthier et Sommariva sous l’Empire, et le comte von Schönborn sous la Restauration. Peintre d’histoire, Charles Meynier est aussi un dessinateur magistral et c’est sans doute dans ce domaine que sa personnalité s’est le mieux exprimée, en tout cas le plus librement. Il est connu aujourd’hui essentiellement pour ses dessins au style graphique bien personnel et aux sujets difficiles et rares. Il a été un véritable créateur de sujets, cherchant dans les sources classiques des épisodes rarement illustrés. Plus que ses tableaux aux sujets souvent imposés, ils reflètent une grande culture, une étude approfondie de l’antique et une connaissance littéraire peu banale, confirmée par l’importance de sa bibliothèque et de sa collection d’estampes. Au-delà du brillant dessinateur et de l’artiste officiel, fécond témoin de l’épopée napoléonienne, il faut voir surtout en Charles Meynier l’un des peintres de décors les plus importants de sa génération. Et c’est singulièrement comme peintre de plafonds qu’il a joué un rôle essentiel dans la peinture de son temps. Il a participé au renouveau d’un genre tombé en disgrâce sous le règne de Louis XVI, et auquel Napoléon avait préféré les tableaux de très grand format garnissant les murs. Son « pinceau moelleux et facile », la « correction de son dessin », sa « couleur brillante », tous ces éléments sur lesquels la critique n’a jamais cessé d’insister, il les a parfaitement mis au service de ce genre qu’il a contribué à relancer. Plus que d’autres, il a su adapter ses compositions et son sens de l’espace à la fonction particulière du plafond, trouvant toujours un équilibre entre le tableau rapporté et le décor plafonnant. Peintre de la grande épopée militaire moderne, de l’histoire classique et de la mythologie, parfois tenté par la peinture anacréontique, Meynier, à la différence de beaucoup de ses contemporains, n’a pas été un portraitiste. L’abondance des plafonds et la rareté de ses portraits ne peuvent-elles expliquer en partie l’oubli dans lequel le nom de Meynier est progressivement tombé ? Les effigies des grands personnages de l’Empire et de la Restauration accrochées aux cimaises des musées ont su mieux contribuer à la mémoire de certains peintres que les plafonds du Louvre, partie intégrante d’un décor que peu à peu plus personne n’a regardé. Par ailleurs, la plupart des chefs-d’œuvre du peintre ont été dérobés à la vue des amateurs, certains depuis fort longtemps. Plusieurs œuvres ont été détruites, certaines ne sont pas réapparues depuis le XIXe siècle, d’autres sont restées en mains privées jusqu’à une époque récente : autant d’œuvres importantes que tous ont oubliées et dont la redécouverte devrait contribuer à la connaissance d’un artiste dont la carrière méconnue mérite d’être éclairée d’un jour nouveau. Pratique
Charles Meynier (1763-1832) Horaires : 10h – 12h / 14h – 18h ; le premier mardi du mois jusqu’à 20h Droits d'entrée : Plein tarif : 5,50 € ; tarif réduit : 4,50 € Gratuité pour les moins de 18 ans Des visites guidées de l’exposition auront lieu : le 20 juillet à 10 h30, les 2, 12 et 30 août à 14 h30, le 14 septembre à 10 h30, le 27 septembre à 14 h 30, le 7 octobre à 18 h 30 et le 11 octobre à 14 h 30 Tèl : 03 80 67 11 10, Email : magali.poignant@culture.gouv.fr Site Internet : http://www.musee-magnin.fr Magique, merveilleux, superbe... En plus, un concert donné dans la cours du musée Magnien, y courir pour l'expo, y aller et y retourner pour le musée en lui même...
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