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Indochine



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Où : Dijon
Indochine – La République des Meteors
« Je voulais que cet album soit bouleversant. Et c’est la première fois que j’ai la chair de poule en écoutant un disque d’Indochine. » Nicola Sirkis n’y va pas par quatre chemins : La République des Meteors est un album important, qui évoque des sujets graves, qui le touche personnellement, qui marque peut-être
l’entrée d’Indochine dans une nouvelle époque de son histoire.
Pourtant, dit-il, « je ne savais pas du tout où j’allais. Pour Paradize, j’avais le titre avant que l’on commence à travailler. Pour Alice et June, j’avais déjà une idée autour d’Alice au pays des merveilles. Mais là, rien. » Après le triomphe de l’album Alice et June et de la longue tournée qui a suivi, il y a forcément eu des questions. « Quand on a commencé à monter l’album live et le DVD de la tournée, on s’est demandé si on arriverait à faire mieux. Et faire mieux, c’était une montagne. En rentrant en composition, j’ai dit au
groupe que je n’étais pas du tout sûr d’arriver jusqu’au bout. »

Début septembre 2007, tout commence. Indochine a transporté pour trois semaines instruments et matériel dans une grande maison de Normandie. Puis, jusqu’en mai 2008 vont se succéder des sessions de trois semaines ou un mois de travail à Paris. « Nous jouons tous les jours et, tous les jours ou presque, il naît un morceau. Parfois il démarre de zéro, parfois il commence parce que les uns ou les autres ont travaillé chez eux. Au bout du compte, nous nous trouvons avec une quarantaine de projets. »
A ce moment-là, Nicola Sirkis commence à voir clairement ce que va dire le onzième album studio d’Indochine. « Tout est parti de Sophie Calle, de sa lettre de rupture… » Car il est allé à la Biennale de Venise, où la plasticienne française présentait Prenez soin de vous. L’oeuvre est singulière :
son amant lui ayant envoyé une lettre de rupture, Sophie Calle a demandé à 107 femmes de lire et de commenter celle-ci. Prenez soin de vous trouve des résonnances dans la vie de Nicola, de même que l’oeuvre de la poétesse Sylvia Plath, tandis que les textes qu’il commence à écrire pour l’album tournent autour de l’absence, de la séparation, de la distance. « Je n’ai pas mis mes propres malheurs dans le disque. J’ai pensé à d’autres gens, à ceux qui partaient à la guerre. J’ai réalisé que notre génération, en Europe, a échappé aux drames obligés qu’ont vécu les générations avant nous. Nous n’avons pas eu à faire la guerre… Quand on est séparé de la personne que l’on aime, on est malade physiquement, on ne peut pas manger, on ne peut pas avoir le goût de vivre, et on ne le retrouvera qu’en retrouvant cette personne. Et ces garçons
laissaient leurs femmes, leurs enfants, et en plus partaient à la guerre où ils risquaient de mourir. Ce doit être une situation mentale et psychologique horriblement dure à vivre. Mais ils y sont allés quand même. »

Dans Le Lac, Union War, Les aubes sont mortes et La Lettre de métal, ce sont des soldats qui parlent. Et peut-être est-ce encore leur voix dans Little Dolls et Un ange à ma table. « Ce ne sont pas des chansons sur la guerre en elle-même, mais sur le fait de ne pas contrôler son destin, de ne plus avoir sa liberté. La guerre est omniprésente parce qu’elle sépare les peuples, les gens, les amours. »
Et on sent bien la menace qui pèse sur ces destinées… « C’est pour cela que cet album s’appelle La République des Meteors : nous ne faisons que passer et il ne reste que des personnages illustres. La pochette représente des soldats de 14-18 qui posent assis sur des chaises avant de partir au front –
c’est peut-être leur dernière photo. Et, derrière, il y a un patchwork de toutes mes influences, mais aussi de photos de dictateurs : Patti Smith, David Bowie, Pierre et Marie Curie, Betty Boop, Jacques Dutronc (le seul artiste Français), Paul McCartney, Sid Vicious, Apollinaire, Staline, Mao… »
Il fallait donc du gros son mais, avec Oli de Sat (« nous sommes le binôme de réflexion, de décision et de choix »), Nicola Sirkis a voulu aussi introduire des sonorités acoustiques : de l’ukulélé, du glockenspiel, des pianosjouets, quelques notes de bandonéon (dans Le Grand Soir) et même une fanfare un peu ébréchée (un groupe d’étudiantes en architecture de Versailles)… L’album s’est construit, de lieu en lieu, de session en session : les guitares à Paris pendant la phase de composition (« pour garder des choses sans trop d’intentions techniques »), la batterie au légendaire studio ICP de Bruxelles « pour le gros son », les voix dans la grande maison normande en août-septembre. « On a enregistré dans la salle de billard, parce que je ne
supporte plus les studios classiques avec la vitre et les techniciens derrière. »

Puis le mixage a été réalisé en octobre-novembre : « On a terminé le soir de l’élection d’Obama. »
Au final, une collection de seize chansons dans laquelle on devine la ferveur de la tournée à venir et du concert au Stade de France. Dans La République des Meteors, chaque génération de fans d’Indochine retrouvera ses repères, mais aussi de franches audaces nouvelles. Ainsi, dans Play Boy, Nico la parle franchement à la première personne de certains de ses goûts et opinions. Et, pour la première fois, Indochine signe une chanson ouvertement politique, Republika, dont le refrain va faire couler de l’encre – « Comme on est si fiers de rien/On sera républicains de loin ».

Pratique
Indochine
Le 29/11/2009 à 20h30 et le 10/03/2010 à 20h30
Tèl : 03 80 66 76 66, Email : contact@pyrprod.fr
Site Internet : http://www.pyrprod.fr
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